Deux raisons nous invitent à se pencher sur le phénomène « INSTAMATIC », cette série d'appareils grand public, qui, aujourd'hui, ne valent guère sur le marché de la collection, et ne présentent que peu d'intérêt sur le plan technique.

D'abord, le succès commercial sans précédent (environ 50 à 60 millions d'appareils vendus de 1963 jusqu'aux environs de 1976).

Puis le fait que le concept même est symbolique de la politique globale de l'entreprise : « photographiez, nous ferons le reste ». Le géant de Rochester entendait, comme à son habitude, contrôler toute la chaîne, depuis la vente de l'appareil jusqu'à la livraison des tirages, en passant bien évidemment par la vente du film.

En outre, KODAK restait attaché à la simplicité d'emploi de ses appareils, destinés en majorité au grand public.

Instamatic KodakA Rochester, on considérait que l'obligation de rembobiner le film exposé constituait une contrainte pour l'utilisateur, ainsi qu'il était de mise pour le format 24x36 sur film 35 mm.

Le film 35 mm était la bête noire de KODAK, et c'est contraint et forcé que la firme produisit des appareils 24x36, afin de ne pas rester hors course sur le marché mondial.

C'est dans ce contexte qu'en 1963, KODAK sort sa cassette 126 et la gamme d'appareils qui vont avec.

Le film est enfermé dans un réceptacle étanche à la lumière comprenant les bobines émettrice et réceptrice. Le chargement est d'une simplicité enfantine et en effet, ces appareils seront utilisés massivement par les photographes en herbe. Le film entièrement exposé, il suffit d'extraire la cassette et d'en introduire une nouvelle.

Le film utilisé est au format 35 mm, avec perforations d'un seul côté, et les négatifs obtenus sont au format carré (28mm x 28mm), donc pas besoin de se prendre la tête pour choisir un cadrage horizontal ou vertical.

Le succès public sans précédent de l'Instamatic conduira d'autres fabricants (AGFA notamment, Minolta, Rollei et même... Zeiss Ikon), à produire des appareils de ce format, et les manufacturiers de film sortiront eux aussi des cassettes 126.

Il est recensé au moins 70 modèles de KODAK instamatic, depuis les modèles les plus basiques jusqu'au rare Instamatic Reflex, à objectifs interchangeables, compatibles avec la gamme KODAK 35 mm reflex. Le seul défaut de l'instamatic, tient au manque de planéité du film enfermé dans sa cassette, du fait de l'abscence de presse film. Négligeable sur les appareils basiques, cela peut s'avérer gênant avec les appareils haut de gamme, surtout l'Instamatic reflex, le film "gondolé" ayant une incidence sur la précision de la mise au point avec des objectifs à grande ouverture.