Le père des trucages cinématographiques.

      Né à Paris eGeorges Mélies n 1861, jeune prestidigitateur français, propriétaire et directeur du théâtre Robert Houdin boulevard des Italiens à Paris, est invité à la projection des frères lumière le 28 décembre 1895 au salon Indien du Grand Café à Paris, il comprend tout de suite ce qu’il peut faire de cette machine par le cinéma naissant, il est le premier à saisir les possibilités de la caméra. Méliès abandonne progressivement ses activités d’illusionniste, il fabrique sa propre caméra et fonde sa propre société de production en 1896 la Star-Film, il projette son premier film dans son théâtre qui lui servira ensuite de salle de projection. Ses premiers films sont classiques avec des scènes de la vie courante, afin d’attiser l’intérêt de son public, Méliès à l’idée non plus de tourner ces scènes de vie quotidienne, mais de monter des scènes de courtes fictions. L’idée lui vient suite à un incident de prises de vues lors d’un tournage sur les grands boulevards, la manivelle de sa caméra se serait bloquée, si bien que lors du visionnage, au lieu d’un omnibus, c’est un corbillard qui passait par là qui apparaît. Méliès réalise le ressort comique de l’incident et décide d’exploiter « le cinéma dans sa voie théâtrale spectaculaire ». Comme les tournages ne sont pas simples en extérieur, Méliès imagine la création d’un grand studio ou l’on pourrait effectuer des prises de vues de scènes d’extérieur.

En 1897 il crée dans sa propriété de Montreuil d’un demi-hectare, le premier studio de cinéma en France, appelé bâtiment A et ensuite un second (bâtiment B) en 1907. Inventif et comédien de nature, travailleur intellectuel et manuel, il se fait tour a tour producteur, réalisateur, scénariste, inventeur, décorateur, machiniste, acteur, un véritable « touche à tout », il y construit ses décors et invente ses techniques de trucage, arrêt de camera, caches, fondus, surimpressions, superpositions, personnages se multipliant à l’infini et jouant plusieurs rôles à lui tout seul, dessins animés, etc. etc. Des techniques encore utilisées de nos jours.le voyage dans la lune 1902

Son premier film d’une durée de 2 minutes « Le voyage de la famille Bourrichon » à son dernier d’une durée de 15 minutes, en passant par le célèbre et triomphal film de science fiction le « Voyage sur la lune » en 1902.

Du déclin à la ruine.

En 1908, les Films d’Art, la société de production des frères Laffite, sortent leur premier film. Il s’agit d’un film historique, L’Assassinat du Duc de Guise, qui marque profondément l’industrie cinématographique en lançant la vogue des films à caractère historique qui vont démoder les autres genres. Face à cette concurrence, la Star film interrompt ses productions en 1910 et, l’année suivante, Pathé prend le contrôle de la société de production. Georges Méliès retourne à la  prestidigitation. Il se produit à l’Alhambra ainsi qu’en Belgique et en Italie. Pathé vient le chercher au théâtre Robert-Houdin et le pousse à réaliser un nouveau film. Les hallucinations du baron de Münchhausen sort en 1911, puis La conquête du Pôle, l’année suivante. Méliès n’arrive plus à attirer vers lui le grand public et les loueurs de films refusent de prendre ses œuvres.

En 1913, Méliès perd sa femme et reste seul avec ses deux enfants, Georgette et André. À l’aube de la guerre de 1914, il se trouve dans une situation financière très délicate. Les échecs commerciaux de ses derniers films provoquent un litige entre Méliès et Pathé qui aboutit à un moratoire décrété par le gouvernement en 1914 : le Théâtre Robert-Houdin, qui était devenu un cinéma avec séance de prestidigitation le dimanche seulement, et les studios de Montreuil sont fermés. Georges Méliès est ruiné. Pour sortir de l’impasse financière, il pense vendre les automates de Robert-Houdin, mais, finalement, transforme le studio B en salle de cinéma de quartier, en 1914, et, l’année suivante, en salle de théâtre au profit de l’hôpital de Montreuil. De 1917 à 1923, le studio B propose opérettes et opéras-comiques, mais les recettes ne suffisent pas à éponger les dettes envers Pathé. Méliès est obligé de vendre la propriété de Montreuil et de fermer le théâtre Robert-Houdin. Désespéré, Méliès détruit le travail de sa vie : « Toutes les caisses contenant les films furent vendues à des marchands forains et disparurent. Méliès lui-même, dans un moment de colère, brûla son stock de Montreuil » raconte Madeleine, sa petite fille. Ses films sont soit détruits, notamment fondus pour en extraire l’argent, soit vendus et récupérés au poids et transformés en celluloïd pour les talonnettes de chaussures destinées aux poilus !                                    

Georges Méliès n’était pas le seul prestidigitateur pionnier du cinéma, mais il était vu comme un des plus brillant, il meurt le 21 janvier 1938 d’un cancer à l’hôpital Léopold Bellan à Paris, il repose au cimetière du Père-Lachaise.

Il est reconnu aujourd’hui comme celui qui a tout inventé.